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La spondylolyse correspond à une fracture de stress de l’isthme, une petite zone osseuse située à l’arrière d’une vertèbre lombaire, le plus souvent au niveau de L5. Cette fracture n’est généralement pas liée à un choc unique, mais à une accumulation de contraintes mécaniques répétées.

Lorsque la fracture est présente des deux côtés de la vertèbre, celle-ci peut perdre une partie de sa stabilité et commencer à glisser vers l’avant par rapport à la vertèbre située en dessous. On parle alors de spondylolisthésis isthmique. Cette condition est bien documentée chez les gymnastes et les jeunes athlètes, et les exigences physiques des arts du cirque exposent les artistes à des contraintes comparables.

 

Mécanisme de blessure

Les données scientifiques montrent que la spondylolyse est surtout causée par des microtraumatismes répétés, plutôt que par un traumatisme aigu. Les mouvements impliquant une extension lombaire répétée, surtout lorsqu’elle est combinée à de la rotation ou à une charge (poids du corps, portés, réceptions), augmentent les forces de cisaillement sur l’isthme vertébral.

Chez l’artiste de cirque, ces contraintes sont fréquentes lors des cambrés, équilibres, acrobaties dynamiques, travail aérien ou en portés. Avec le temps, si la charge d’entraînement dépasse la capacité de récupération de l’os, une fracture de stress peut se développer. Si cette fracture progresse ou devient bilatérale, elle peut mener à un glissement vertébral.

En pratique, il s’agit donc d’une blessure liée à la répétition, à l’intensité et au contrôle du mouvement, plutôt qu’à un geste isolé mal exécuté.

 

Symptômes

Les symptômes typiques incluent :

  • Douleur lombaire mécanique, augmentée en extension
  • Raideur lombaire
  • Diminution de la performance
  • Parfois douleur irradiée aux fesses ou aux cuisses
    Les déficits neurologiques sont rares, mais possibles en cas de glissement plus avancé.

 

Pourquoi les artistes de cirque sont à risque

Les artistes de cirque partagent plusieurs facteurs de risque avec les gymnastes :

  • Entraînement intensif dès le jeune âge
  • Répétition fréquente de mouvements en hyperextension (ponts, équilibres, saltos, portés, trapèze, main à main)
  • Charges élevées sur la colonne en position extrême
  • Fatigue, récupération insuffisante et parfois spécialisation précoce
    Ces éléments expliquent une prévalence potentiellement élevée de cette pathologie dans cette population.

 

Rôle de la physiothérapie

La physiothérapie joue un rôle central dans la prise en charge conservatrice :

  • Contrôle de la douleur et gestion de la charge
  • Renforcement ciblé du tronc (core) et des hanches
  • Travail de la stabilité lombo-pelvienne
  • Correction des déficits de mobilité et des stratégies de mouvement
  • Progression graduelle vers les mouvements spécifiques au cirque

Une approche individualisée permet souvent un retour sécuritaire à la performance, tout en réduisant le risque de récidive ou de progression du glissement.

 

Références:

Mohile, N. V., Kuczmarski, A. S., Lee, D., Warburton, C., Rakoczy, K., & Butler, A. J. (2022). Spondylolysis and Isthmic Spondylolisthesis: A Guide to Diagnosis and Management. Journal of the American Board of Family Medicine : JABFM, 35(6), 1204–1216.

Mohriak, R., Vargas Silva, P. D., Trandafilov, M., Jr, Martins, D. E., Wajchenberg, M., Cohen, M., & Puertas, E. B. (2015). SPONDYLOLYSIS AND SPONDYLOLISTHESIS IN YOUNG GYMNASTS. Revista brasileira de ortopedia, 45(1), 79–83.

Tallarico, R. A., Madom, I. A., & Palumbo, M. A. (2008). Spondylolysis and spondylolisthesis in the athlete. Sports medicine and arthroscopy review, 16(1), 32–38.

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