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La marche sur la pointe de pied chez l’enfant

2020/06/30 Accueil Éducation et conseils

La marche sur la pointe de pied chez l’enfant
Marie-Michèle Levesque Marie-Michèle Levesque Physiothérapeute

La marche sur les pointes de pied avec l’absence d’une maladie neurologique ne serait pas attribuée à une mauvaise habitude que l’enfant aurait prise, mais davantage à une origine neuro-développementale à 90% et à celle musculo-squelettique à 10%.

Est-ce qu’il existe des facteurs prédisposants ou des conditions médicales pouvant augmenter le risque de marcher sur la pointe de pied?

Les caractéristiques des enfants pouvant être plus susceptibles de marcher sur la pointe de pied sont :

  • D’être au sein d’une famille où d’autres membres auraient déjà marché sur la pointe de pied et en plus, d’être un garçon;
  • D’être prématurés ou de faibles poids à la naissance;
  • D’avoir une diminution légère ou une augmentation légère du tonus de base global;
  • D’avoir un retard de langage;
  • D’avoir de la difficulté avec les stimulations sensorielles tactiles, vestibulaire et proprioceptive;
  • D’avoir un retard de développement moteur global et fin;
  • D’avoir un problème neuropsychologique (trouble de la mémoire, d’apprentissage ou de comportement).

Selon une étude, il y avait une proportion d’enfants marchant sur la pointe de pied qui présentait une asymétrie de développement se traduisant par une diminution du réflexe tonique du cou d’un côté en position quadrupède.

Quelles sont les causes?

Il existe plusieurs hypothèses à l’origine de cette démarche atypique:

  • Une altération du patron moteur nécessaire à la production de la marche.
  • Un retard de la maturation des connexions entre les neurones reliant le système nerveux centrale et la moelle épinière.
  • Une persistance de l’utilisation du réflexe de support et une réponse amplifiée en réaction à la stimulation tactile.
  • Une augmentation de la production de fibres musculaires travaillant en endurance dans les muscles des jambes.
  • Une portion génétique autosomique.

Il faut également ajouter la présence de multiples facteurs ainsi que les conditions médicales associées d’un enfant pour expliquer au mieux ce patron de marche.

Quelle est l’évolution dans le temps de ces marcheurs?

Selon d’autres sources, il y aurait une évolution naturelle et souvent favorable dans 80% des cas de marcheur sur la pointe de pied avant l’âge de 10 ans. De plus, lorsque la mobilité de la cheville est préservée en partie, cela aurait un impact positif sur le pronostic de la condition.

En contrepartie, cela s’accompagne de conséquences possibles à ce type de démarche et d’un impact défavorable sur le bien-être de l’enfant dans son quotidien. Voici une liste de compensations secondaires à la marche sur la pointe de pied:

  • Un raccourcissement des tendons d’achilles.
  • Une déformation possible de l’os du pied qui reçoit davantage de poids en avant de celui-ci ou des os du tibia.
  • Une apparition de pieds plats.
  • Une mauvaise posture du dos (augmentation de la courbure du bas du dos).
  • Une diminution de l’équilibre et par le fait même, une augmentation du risque de blessure à la cheville.
  • Des douleurs aux jambes et/ou aux pieds.
  • Un débalancement musculaire des membres inférieurs.
  • De la difficulté à acquérir différents types de déplacements soit la course, les sauts, la descente d’escalier ou d’autres positions fonctionnelles comme le squat ou l’accroupissement.
  • Une faible endurance à la marche.
  • Une augmentation de la fréquence de chute dans les déplacements de l’enfant.

Quels sont les traitements pour les enfants marchant sur la pointe de pied?

À ce jour, le traitement optimal qui est basé sur les conséquences de cette démarche atypique, est formé de la combinaison d’un traitement conservateur et d’autres traitements médicaux si nécessaire.

Ces traitements non-conservateurs peuvent se traduire par l’injection de Botox afin d’affaiblir le muscle fautif pendant un certain temps ou par la chirurgie d’allongement des tendons d’Achille si l’approche conservatrice ne s’est pas avérée efficace chez certains enfants avec une atteinte très sévère.

Cette dernière technique invasive comporte des risques de faiblesse des muscles fléchisseurs plantaires et de récidive de remarcher sur la pointe de pied. Il y a cependant une amélioration jusqu’à 5 ans après la chirurgie.

En quoi consiste le traitement conservateur pour cette problématique?

Le traitement conservateur réside en l’observation de l’évolution de la condition, les traitements en physiothérapie, le port d’orthèse tibiales de jour ou de nuit ainsi que la possibilité du port de plâtres faits en série ou d’orthèses de type Turtle Brace.

La raison pour laquelle un service en physiothérapie est nécessaire repose sur la diminution des compensations possibles, l’élimination des impacts sur les autres articulations, la préservation de la mobilité de la cheville et l’amélioration du développement moteur global.

Le plan de traitement peut se traduire par un programme à domicile de:

  • Conseils posturaux
  • Recommandations sur un patron de marche optimal
  • Exercices d’étirement passif
  • Exercices de renforcement du tronc et des membres inférieurs
  • Exercices d’équilibre

La détermination du moment de la journée pour le port d’orthèse est choisi en fonction de la sévérité de la perte de mobilité de la cheville. Que ce soit pour le port d’orthèse, de plâtres en série ou de type Turtle Brace, le but reste le même, soit d’améliorer l’alignement des pieds et des jambes, d’augmenter la souplesse de l’articulation de la cheville en empêchant la contraction des muscles fautifs et en allongeant les tendons d’Achille ou de modifier le patron de marche. Les plâtres en série, constitués de bandes de polymère, ainsi que les Turtle Braces, faits de matériaux thermoplastiques moulés individuellement, sont placés selon une durée allant de 1 à 6 semaines en fonction de la sévérité de la perte de l’amplitude articulaire de la cheville ou du physiatre traitant.

Conclusion

Pour finir, tous les enfants auraient une période de transition qui serait en quelque sorte normale lors de l’apprentissage de la marche et ce, pour une période pouvant s’étendre jusqu’à 6 mois selon quelques auteurs. Ainsi, la surveillance de cette étape est primordiale puisque cela permet de limiter l’étalement au-delà d’un certain temps, de diminuer les conséquences découlant de la marche sur la pointe de pied et d’optimiser la prise en charge en physiothérapie qui se fera précocement.

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