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Neuroplasticité et atteinte du système nerveux central :  Avez-vous seulement 3 mois pour faire des progrès ?
  • Publié le vendredi 27 juillet 2018
  • Par : Caroline Tanguay

Neuroplasticité et atteinte du système nerveux central : Avez-vous seulement 3 mois pour faire des progrès ?

Nous avons longtemps pensé que le cerveau évoluait durant l’enfance, puis débutait une lente dégénérescence à l’âge adulte. Depuis quelques années, de nouvelles recherches montrent que le système nerveux central (cerveau) tout comme le reste du corps humain peut s’adapter à des changements, même les plus extrêmes (amputation, paralysie, lésion de la moëlle épinière, AVC, etc).  Nous savons que le potentiel d’adaptation est à son meilleur dans les semaines suivant une atteinte au cerveau.  Mais qu’en est-il après ces fameux 3 mois plus favorables ?  Le système nerveux peut-il encore s’adapter et récupérer un fonctionnement optimal ?

La neuroplasticité

Le corps humain contient environ 100 milliards de neurones pouvant former des milliers de synapses/connections (entre 7000 et 10000 par neurone). Tout au long de notre vie, ces neurones peuvent évoluer en fonction de la sollicitation et de la stimulation que nous appliquons sur nos circuits nerveux. C’est ce que l’on appelle la neuroplasticité ! Le cerveau est un organe en constante évolution. Il nous permet d’apprendre de nouvelles tâches à n’importe quel moment de notre vie.  Par exemple, l’apprentissage du piano ou d’une nouvelle langue se fait via une réorganisation des synapses : plus vous utilisez un circuit, plus il devient efficace.

La neuroplasticité et les atteintes neurologiques

Lors d’une atteinte du système nerveux central (SNC), les régions motrices du cerveau sont souvent touchées changeant ainsi nos patrons de mouvement et notre capacité à bouger.  Il se crée alors une réorganisation locale près de la blessure et des modifications fonctionnelles à distance de la lésion. Dans les 3 premiers mois (phase subaigüe), les changements se produisent rapidement, car la neuroplasticité est optimale. Après ces 3 mois (phase chronique), le potentiel de récupération est toujours présent, mais la progression demandera plus de temps. Par exemple, nous aurions besoin d’environ 400 répétitions d’un même geste pour voir un changement au cerveau et environ 3000 répétitions pour intégrer la tâche ou le mouvement.  Ainsi, la neuroplasticité peut être utilisée à toutes les étapes de la guérison.  Mais il faut être impliqué activement dans ce processus de récupération et faire preuve de persévérance car le maintien des capacités acquises demandera des efforts à long terme.

Récupération VS compensation ?

                Au début, la récupération sera toujours favorisée, car elle vise à réapprendre les mouvements « naturels » du corps et à régulariser les différents mécanismes de mouvement. Ces changements, plus permanents au niveau du système nerveux, permettent de faire les choses comme avant et ce, dans différentes conditions. La compensation, quant à elle, vise à modifier le patron de mouvement dit « normal ». La compensation permet d’accomplir une tâche dans un environnement précis, mais pas d’extrapoler les acquis à toutes les situations.

La clinique privée et la neurologie :

Il n’y a pas de recette à la réadaptation en neurologie. Les interventions sont personnalisées et basées sur les aspects fonctionnels, les gestes du quotidiens (la marche, les transferts assis-debout, l’utilisation adéquate du bras ou de la main). L’analyse du mouvement ainsi que l’activation, la force et l’endurance des muscles sont travaillés via une variétés d’interventions (mobilisation, exercices, contrôle postural, etc.) L’exercice cardiorespiratoire peut favoriser les apprentissages du cerveau.

Le potentiel d’adaptation du cerveau est immense.  À force de patience et de persévérance, il est possible de remettre en route des circuits dont le fonctionnement est défectueux.   La neuroplasticité du cerveau suscite beaucoup d’intérêt dans la communauté scientifique.  Une meilleure compréhension des mécanismes de récupération permettra d’explorer de nouvelles avenues pour des interventions toujours plus efficaces en matière de réadaptation.

 

Livres intéressants: The brain that changes itself, Norman Doidge

 

Source :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK326725/

http://www.scientifique-en-chef.gouv.qc.ca/impacts/neuroplasticite-apres-avc/

 

 

 

 

 



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